L’évolution du concept d’audit social


L’IAS est né dans un contexte de développement de pratiques tant en France qu’à l’étranger.

  • En 1964 la National First City Bank of New York cherche à appliquer les principes d’audit au suivi de la gestion humaine d’unités centralisées ou filialisées.
  • En 1973, John Humble publie « Social responsability audit » qui, traduit en français devient « L’audit social au service d’un management de survie ». Au Canada, on étudie la « comptabilité sociale ».
  • En France, la Loi instaure en 1977 l’obligation du bilan social pour les entreprises de plus de 300 salariés.
  • En 1979 l’institut Entreprise et Personnel crée, sous la conduite de Raymond Vatier, une équipe de « développement de l’expertise et de l’audit social ».

Dans les années 80, les audits sociaux sont surtout centrés sur les processus de gestion des ressources humaines. Ils portent sur la vérification des données du bilan social, et sur des domaines spécialisés de la RH, surtout dans les domaines à enjeux forts juridiques, sociaux et/ou financiers (masse salariale, formation, rémunérations, recrutement, climat social), ou pour préparer et gérer des fusions ou restucturations.

  • En 1980, l’Ordre des experts comptables travaille sur l’évaluation des coûts et avantages sociaux. Raymond Vatier crée, en 1982, l’IAS, dont il est le premier Président.
  • En 1983, le groupe Hay, à Philadelphie, expérimente une nouvelle méthode pour analyser, évaluer et comparer les coûts liés aux ressources humaines : HURCOS (Human Ressources Costs Management).
  • En 1983, l’Association Européenne pour la Direction du Personnel met l’audit social à l’ordre du jour de son congrès à Copenhague. Des auditeurs internes introduisent l’audit social dans le programme de formation de l’IFACI. Des enseignements spécialisés voient le jour, les articles et ouvrages se multiplient.
  • En 1984, JM Peretti et JL Vachette publient un ouvrage intitulé « Audit Social » (Ed d’Organisation), l’année suivante P. Candau en fait autant (Vuibert). Le « père fondateur » de l’audit social, Raymond Vatier, publie en 1988 « Audit de la gestion sociale » aux E.O..

Dans les années 2000, le champ de l’audit social s’élargit sensiblement à des enjeux nouveaux externes (environnement social, clients, investisseurs) avec la RSE (Responsabilité sociale d’entreprise), et les nombreuses initiatives qu’elle suscite (Loi NRE en France, Global Compact de l’ONU, audits de fournisseurs ou sous-traitants, etc…). Des entreprises créent des chartes éthiques, ou souscrivent à des Chartes extérieures. D’autres communiquent, au nom du « développement durable », ou de leur responsabilité sociale, sur des engagements pris vis à vis de communautés d’implantation de leurs activités, ou de partenaires commerciaux. Tout ceci crée évidemment une forte demande de vérification par des auditeurs indépendants.

Des organismes, comme la FLA (Fair Labour Organization), ou SAI (Social Accountability International) créent des référentiels normatifs pour permettre ces vérifications, et réalisent des milliers de missions d’audit pour le compte d’entreprises. Les référentiels peuvent être différents, mais tous s’inspirent des conventions de l’OIT (Organisation Internationale du travail). Le terme nord-américain de « social audit » décrit ce type de missions, généralement courtes et rapides. Cette briéveté d’ailleurs est l’un des arguments mis en avant par certains acteurs du secteur, notamment les ONG, dans leurs critiques de ce type d’audit, dont ils contestent qu’il puisse apporter des preuves réellement démonstratives.

Le Centre de certification des auditeurs spécialisés (CCIAS), crée 4 sections de certification, dont celle d’auditeur ressources humaines, et d’auditeur RSE.

Au cours de toute cette période, alors que l’environnement normatif, les domaines d’application, et les méthodologies évoluaient, les bases conceptuelles de l’audit social sont restées les mêmes. Il s’agit toujours d’apporter à un commanditaire de l’audit une information indépendante, basée sur des faits vérifiés, lui permettant de s’assurer que les dispositifs, procédures, systèmes de contrôles, mis en place dans son organisation sont suffisamment maîtrisés pour permettre d’atteindre les objectifs fixés. L’audit permet d’apprécier les risques encourus, et d’identifier les voies et moyens pour faire progresser l’efficacité de l’organisation sur le sujet audité.

En 2006, le Bureau de l’IAS valide la nouvelle version de son référentiel de l’audit social qui tient compte de ces évolutions. J-M. Peretti et Jacques Igalens, Alain Meignant, publient de nouveaux ouvrages Voir bibliographie.

Le concept (et la pratique) éveille un fort intérêt dans plusieurs pays. Plusieurs d’entre eux créent des IAS nationaux qui s’associent au réseau international des IAS. En 2008, un manuel d’audit social est publié en Russie sous la Direction du Professeur Youri Popov.


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